
Schémas familiaux qui se répètent : la psychogénéalogie

Erwan Simiand-Buissonnet
Psychogénéalogie · Mercurol-Veaunes
Quand l'histoire familiale semble se rejouer
Vous vous surprenez à répéter une phrase que votre mère disait. Une rupture arrive au même âge que celle de votre grand-père. Un conflit avec un proche ressemble étrangement à ceux que vous entendiez enfant. Cette impression de déjà-vu familial peut intriguer, parfois inquiéter.
Nous rencontrons régulièrement des personnes qui se posent cette question : « Est-ce que je rejoue quelque chose qui ne m'appartient pas ? » Elle mérite d'être écoutée, sans dramatiser ni conclure trop vite.
Ce que regarde la psychogénéalogie
La psychogénéalogie est une approche d'exploration qui s'intéresse à l'histoire d'une famille sur plusieurs générations : événements marquants, deuils, séparations, exils, non-dits, manières de vivre les liens. Elle cherche à replacer votre vécu dans un contexte plus large.
Certaines personnes trouvent que mettre des mots et des dates sur cette histoire peut contribuer à prendre du recul sur ce qu'elles traversent.
Le génogramme, un outil concret
Le génogramme est un arbre généalogique enrichi. On y note, sur trois générations ou davantage :
- les naissances, unions, séparations et décès ;
- les lieux de vie, les migrations, les métiers ;
- la qualité des liens (proches, distants, conflictuels) ;
- les événements marquants et les sujets dont on parlait peu.
En séance, nous construisons ce schéma avec vous, puis nous observons ce qui ressort : des dates qui se recoupent, des rôles qui se ressemblent, des thèmes jamais abordés. Ce sont des pistes de réflexion, pas des preuves.
Un exercice pour repérer les ressemblances
Esquisser votre mini-génogramme (20 minutes)
Prévoyez une feuille, un crayon et un endroit calme.
- Minutes 0 à 5 : dessinez trois générations, vous, vos parents et vos grands-parents. Un carré pour un homme, un cercle pour une femme, ou simplement des prénoms.
- Minutes 5 à 10 : à côté de chaque personne, notez ce que vous savez : années de naissance et de décès, séparations, déménagements, métier.
- Minutes 10 à 15 : reliez les personnes. Trait plein pour un lien proche, pointillé pour un lien distant, zigzag pour un lien conflictuel.
- Minutes 15 à 20 : relisez et entourez ce qui se ressemble d'une génération à l'autre. Notez trois mots sur ce que vous ressentez.
Posez ensuite le crayon et respirez cinq fois lentement : inspiration sur 4 secondes, expiration sur 6 secondes. Si des émotions fortes surgissent, arrêtez-vous. Rien ne vous oblige à aller plus loin seul.
Ce que cette approche ne peut pas faire
Une ressemblance n'est pas une explication.
Pour rester honnêtes avec vous, voici ses limites :
- La psychogénéalogie n'est pas une discipline médicale et ne pose aucun diagnostic.
- Une transmission d'une génération à l'autre, telle qu'elle est parfois décrite, n'est pas démontrée scientifiquement. Nous décrivons ce que vous observez et ce que vous ressentez en le faisant.
- Une famille traverse beaucoup d'événements : on peut trouver des coïncidences presque partout, ce qui invite à la prudence.
- Elle ne remplace pas un suivi médical ou psychologique et ne promet aucun résultat.
Quand consulter ?
Vous reconnaissez peut-être ces situations : vous avez le sentiment de revivre les mêmes scènes de relation, de séparation ou de conflit, sans comprendre pourquoi. Un anniversaire, un âge ou une date vous pèse sans que vous sachiez l'expliquer. Un sujet familial reste tabou, et vous aimeriez poser des mots dessus.
Dans ces cas, une rencontre peut vous aider à mettre de l'ordre dans votre histoire. Dans notre cabinet de Mercurol-Veaunes, nous prenons le temps d'écouter, de construire un génogramme avec vous si vous le souhaitez, et d'avancer à votre rythme, sans jamais vous brusquer.
Si vous ressentez une souffrance importante, une tristesse persistante, de l'angoisse, des troubles du sommeil ou des idées sombres, il est recommandé de consulter d'abord un médecin ou un psychologue. Notre accompagnement peut venir en complément, jamais à la place d'un suivi de santé.
En cas de détresse immédiate, contactez le 15 ou le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24).



