
Pourquoi je reproduis les mêmes relations que mes parents ?

Erwan Simiand-Buissonnet
Psychogénéalogie · Mercurol-Veaunes
Quand l'histoire semble se rejouer
Vous rencontrez quelqu'un de nouveau, tout paraît différent. Puis un soir, une phrase, un silence ou une dispute vous ramène à la cuisine de votre enfance. Une impression de déjà-vu s'installe, et une petite voix demande : « Encore ? »
Ce ressenti est plus courant qu'on ne l'imagine. Il ne dit rien de votre valeur, ni de ce que vous auriez dû faire autrement.
Ce que décrivent certaines personnes
D'une relation à l'autre, on me parle souvent de situations qui se ressemblent :
- le même rôle : celui qui s'adapte, qui répare, qui s'efface ou qui prend tout en charge ;
- le même type de partenaire ou de conflit, malgré des visages différents ;
- la même difficulté à dire non, à demander, à se sentir à sa place ;
- la même crainte d'être quitté, ou d'être envahi.
Un regard de psychogénéalogie
En psychogénéalogie, je regarde l'histoire familiale comme un contexte : comment on s'aimait chez vous, comment on se disputait, ce dont on ne parlait pas, ce qui se transmettait sans être dit. L'objectif est de repérer des répétitions et d'y réfléchir, pas de chercher un responsable.
Je tiens à rester honnête : le mécanisme précis par lequel une histoire familiale influencerait nos relations d'adulte n'est pas établi avec certitude. On observe en revanche que les premières relations donnent des repères sur ce qui paraît « normal » entre deux personnes. Certaines personnes trouvent que l'on peut se tourner vers le familier, même lorsqu'il fait souffrir, simplement parce qu'il est connu.
Des pistes pour observer ce qui se répète
Comprendre un schéma commence rarement par une grande révélation. Cela passe plutôt par une observation patiente, sans jugement, de ce qui revient.
Remarquer une répétition n'est pas une condamnation. C'est parfois le premier espace de liberté.
Quelques questions à vous poser
- Quelle phrase entendez-vous souvent dans vos conflits, et l'avez-vous déjà entendue enfant ?
- Quel rôle tenez-vous dans vos relations : celui qui apaise, qui contrôle, qui se retire ?
- Qu'est-ce qui n'était jamais dit dans votre famille ? Une séparation, un deuil, une colère ?
- Quelles relations vous ont fait du bien, et en quoi étaient-elles différentes ?
Exercice : la frise des relations (15 minutes)
Prenez une feuille, un stylo et installez-vous dans un endroit calme, assis, les pieds bien posés au sol.
- Minutes 1 à 3 : respirez calmement. Inspirez par le nez 4 secondes, expirez lentement 6 secondes, 5 fois de suite.
- Minutes 4 à 8 : tracez une ligne horizontale. Placez dessus 3 à 5 relations importantes de votre vie (amoureuses, amicales, professionnelles). Notez sous chacune un mot qui résume l'ambiance.
- Minutes 9 à 12 : en dessous, faites la même chose pour 2 ou 3 relations de votre enfance, par exemple vos parents entre eux ou avec vous.
- Minutes 13 à 15 : relisez sans corriger. Entourez les mots qui se ressemblent d'une ligne à l'autre, puis écrivez une phrase : « Ce que je remarque, c'est que… »
Ne cherchez pas d'explication ni de conclusion. Si l'exercice fait remonter une émotion trop forte, arrêtez-vous, buvez un verre d'eau et envisagez d'en parler à un professionnel. Cet exercice reste une aide à la réflexion : il ne remplace ni un avis médical ni un suivi psychologique.
Quand consulter ?
Il peut être utile de consulter lorsque vous vous reconnaissez dans l'une de ces situations :
- vous avez le sentiment de vivre la même scène avec des personnes différentes, et cela vous épuise ;
- une relation vous rappelle douloureusement votre enfance, sans que vous sachiez pourquoi ;
- vous évitez de vous engager, ou vous restez dans des relations qui vous font du mal ;
- des sujets de votre histoire familiale restent tabous et pèsent sur vous.
Dans mon cabinet à Mercurol-Veaunes, je vous accueille à votre rythme. Nous pouvons prendre le temps de retracer ensemble votre histoire familiale et de mettre des mots sur ce qui se répète, sans jugement et sans promesse de résultat.
La psychogénéalogie est une approche de réflexion et d'accompagnement. Elle ne remplace pas la consultation d'un médecin, d'un psychiatre ou d'un psychologue. Si vous traversez une souffrance importante, en parler à un professionnel de santé qualifié est une première étape précieuse, et je peux vous aider à vous orienter.



