
Génogramme : dessiner son arbre familial pour repérer des répétitions

Erwan Simiand-Buissonnet
Psychogénéalogie · Mercurol-Veaunes
Construire son génogramme, pas à pas
Une même date qui ressort d'un récit à l'autre. Des prénoms qui reviennent de génération en génération. Ou cette impression de tenir, dans votre famille, une place que votre mère ou votre grand-mère tenait déjà. Vous vous demandez si c'est un hasard, et par où commencer pour y voir plus clair.
Le génogramme est un arbre familial enrichi : il ne note pas seulement qui est le parent de qui, mais aussi des dates, des événements, des professions, la qualité des liens. Mis à plat sur une feuille, ces informations deviennent visibles d'un seul regard. Je l'utilise comme un support de réflexion, jamais comme un outil d'évaluation.
Les symboles de base
- un carré pour un homme, un cercle pour une femme ;
- un trait horizontal qui relie un couple, barré d'un ou deux traits en cas de séparation ou de divorce ;
- un trait vertical qui descend vers les enfants, du plus âgé au plus jeune, de gauche à droite ;
- une croix dans la forme, avec la date, pour un décès ;
- un double contour pour vous, point de départ du dessin.
Exercice : un premier jet en 30 minutes
Prévoyez une feuille A3 (ou deux feuilles A4 collées), un crayon et une gomme.
- 5 minutes : dessinez-vous, puis vos frères et sœurs, avec les années de naissance.
- 8 minutes : ajoutez vos parents, leur union, leurs éventuelles séparations, leurs métiers.
- 10 minutes : ajoutez vos grands-parents et leurs frères et sœurs, selon ce que vous en savez. Laissez des blancs, c'est normal.
- 5 minutes : notez à côté de chaque personne un ou deux faits : lieu de vie, maladie, deuil, migration, naissance difficile, rupture.
- 2 minutes : posez le crayon, regardez la feuille à bout de bras, sans chercher à conclure.
Ce que vous ne savez pas compte aussi : une case vide ou un prénom jamais prononcé en famille disent quelque chose de ce qui se raconte, et de ce qui ne se raconte pas.
Ce que le dessin peut éclairer, et ce qu'il ne dit pas
Une fois la feuille remplie, je vous invite à la lire comme on regarde une carte : en cherchant des points de rapprochement, pas des coupables.
Ce que certaines personnes repèrent
- des événements qui reviennent à des âges proches : un deuil précoce, une rupture, un départ, une période de maladie ;
- des dates qui se répondent : naissances ou décès à quelques jours ou quelques années d'écart ;
- des rôles qui se rejouent : celui qui soutient tout le monde, celui qui s'éloigne, celui qui arbitre les conflits ;
- des prénoms ou des métiers qui se transmettent ;
- des silences : un sujet dont on ne parle jamais, un membre de la famille effacé des récits.
Voir ces éléments rassemblés peut contribuer à mettre des mots sur une impression diffuse, ou à poser de nouvelles questions à ses proches.
Les limites à garder en tête
Un génogramme n'a aucune valeur de diagnostic. Il ne dit rien de votre état de santé physique ou psychique, et il ne prouve pas qu'un événement en a causé un autre.
Sur trois ou quatre générations, des coïncidences apparaissent aussi par simple effet du nombre : toutes les familles traversent des deuils, des séparations, des déménagements. Les mécanismes d'une éventuelle transmission d'une génération à l'autre font l'objet de débats. Je m'en tiens donc à ce que le dessin montre, et à ce que vous en faites.
Un génogramme ne répond pas à la question « pourquoi ? ». Il aide plutôt à formuler de meilleures questions.
Autre précaution : les souvenirs sont partiels et les récits diffèrent d'un oncle à l'autre. Mieux vaut noter « d'après ma mère » que présenter une version comme un fait.
Trois questions pour la relecture
- Qu'est-ce qui me surprend sur cette feuille ?
- Qu'est-ce que je ne savais pas, et que je pourrais demander à quelqu'un ?
- Qu'est-ce qui, dans ce dessin, m'appartient, et qu'est-ce qui appartient à d'autres ?
Quand consulter ?
Peut-être retrouvez-vous, de relation en relation, la même situation. Peut-être que dessiner un deuil ou une rupture a fait remonter des émotions plus fortes que prévu, ou que les silences de votre famille vous pèsent depuis longtemps.
Dans mon cabinet à Mercurol-Veaunes, je vous accompagne à votre rythme pour construire ce génogramme ensemble. Vous choisissez ce que vous souhaitez regarder, et ce que vous préférez laisser de côté. Il s'agit d'un temps d'exploration et de réflexion, qui ne remplace ni un avis médical ni un suivi psychologique.
Si vous traversez une période de détresse, d'anxiété durable ou de tristesse qui s'installe, il est recommandé de consulter un médecin ou un psychologue. Le génogramme peut alors, si vous le souhaitez, venir en complément.



