
Secrets de famille : reconnaître le poids des non-dits

Erwan Simiand-Buissonnet
Psychogénéalogie · Mercurol-Veaunes
Quand le silence familial pèse sans explication
Un sujet qui s'arrête net quand vous entrez dans la pièce. Une photo dont personne ne parle. Un prénom qu'on ne prononce jamais. Peut-être ressentez-vous une gêne diffuse, sans pouvoir la rattacher à un événement précis.
Ces situations sont plus courantes qu'on ne le croit. Beaucoup de familles gardent des zones de silence, parfois depuis plusieurs générations.
Ce que certaines personnes remarquent
- Des sujets qui font systématiquement changer de conversation : un décès, une séparation, un départ, une période de la vie d'un proche.
- Des dates chargées de tension (anniversaires, fêtes, dates de deuil) sans que l'on sache pourquoi.
- Des lacunes dans le récit familial : un grand-parent dont on ne sait presque rien, une branche de la famille « oubliée ».
- Des réponses évasives : « Ça ne sert à rien d'en parler », « C'est du passé ».
- L'impression de devoir faire attention à ce que l'on dit ou demande.
Ce que nous pouvons dire, et ce que nous ne disons pas
Un silence n'est pas forcément un secret grave. Il peut protéger, par pudeur, par douleur, ou simplement par habitude. Un malaise ressenti ne prouve pas à lui seul qu'un secret existe.
Nous ne posons aucun diagnostic. Par ailleurs, l'idée que des événements non dits se transmettraient d'une génération à l'autre fait l'objet de débats et n'est pas démontrée scientifiquement.
Ce que nous observons en cabinet est plus simple : mettre des repères, des dates et du contexte sur une histoire familiale peut contribuer, pour certaines personnes, à mieux comprendre leur place au sein de leur famille.
Explorer son histoire familiale avec la psychogénéalogie
La psychogénéalogie est une approche d'accompagnement qui s'intéresse à l'histoire d'une famille sur plusieurs générations : naissances, deuils, migrations, métiers, ruptures, événements marquants. Elle n'est pas une médecine et ne remplace ni un suivi médical, ni une psychothérapie.
À notre cabinet de Mercurol-Veaunes, nous construisons avec vous une représentation de votre famille, souvent sous forme d'arbre (un génogramme). Nous écoutons, nous posons des questions ouvertes, et vous gardez toujours la main sur ce que vous souhaitez explorer.
Explorer une histoire ne signifie pas forcer les portes. Certains silences méritent d'être respectés, et c'est à vous de décider jusqu'où aller.
Exercice : un premier arbre en 20 minutes
Vous pouvez essayer dès maintenant, seul ou avec une personne de confiance. Munissez-vous d'une feuille A4 en format paysage, d'un crayon et d'un minuteur réglé sur 20 minutes.
- Minutes 0 à 5 : en bas de la feuille, écrivez votre prénom, ceux de vos parents, de vos frères et sœurs.
- Minutes 5 à 13 : au-dessus, ajoutez vos grands-parents avec ce que vous savez : prénoms, années de naissance et de décès, métiers, lieux de vie.
- Minutes 13 à 17 : marquez d'un point d'interrogation tout ce que vous ignorez. Il ne s'agit pas de tout remplir.
- Minutes 17 à 20 : regardez la feuille pendant 3 minutes, sans chercher à interpréter. Si vous le souhaitez, notez une seule question que vous aimeriez poser un jour.
Si une émotion devient trop forte, arrêtez-vous. Prenez trois respirations lentes : inspirez 5 secondes, expirez 6 secondes. Vous pourrez reprendre un autre jour, ou en parler avec un professionnel.
Cet exercice n'a pas de valeur diagnostique. Il offre simplement une vue d'ensemble de ce que vous savez, et de ce qui reste en suspens.
Quand consulter ?
Vous pouvez envisager une consultation si ces situations vous parlent :
- un malaise revient à chaque évocation d'un membre de la famille ou d'un événement passé ;
- vous avez le sentiment de ne pas connaître votre propre histoire, et cela vous préoccupe au quotidien ;
- les tensions familiales autour de certains sujets prennent beaucoup de place dans vos pensées ;
- vous aimeriez poser des questions à vos proches, mais ne savez pas comment vous y prendre.
Si vous éprouvez une anxiété intense, une tristesse persistante, des troubles du sommeil ou une grande souffrance, il est recommandé de consulter d'abord un médecin ou un psychologue. Notre accompagnement en psychogénéalogie peut venir en complément, jamais en remplacement d'un suivi de santé.
En cas de détresse importante ou de pensées suicidaires, appelez le 3114, numéro national gratuit disponible 24 h sur 24.
À Mercurol-Veaunes, nous vous recevons sans jugement. Lors d'un premier échange, nous prenons le temps de comprendre ce que vous vivez et de définir ensemble si notre approche peut vous convenir.
